De récents dons sont venus enrichir la petite collection de médailles des Fonds patrimoniaux. Parmi elles, la médaille commémorative bien connue, dessinée par André Gervais en hommage au graveur vichyssois Paul Devaux (1894-1949). Celle-ci a été offerte par Alain Devaux, petit-fils du graveur, à l’occasion du 30e anniversaire de la Médiathèque. Sur une face figure le profil de Paul Devaux, tandis que sur l’autre, André Gervais a reproduit le bois gravé du « Vieux moulin ». Cette médaille avait été éditée par souscription à 500 exemplaires par la Monnaie de Paris, vers 1950. André Gervais, de son véritable nom Stéphane Amédée Pannetier (1891-1962), né à Commentry, fut comme Paul Devaux mobilisé et blessé pendant la Grande guerre. Devenu journaliste il milita pour la paix et devint le meilleur ami du graveur. Il a laissé plusieurs ouvrages souvent emprunts du traumatisme subi lors des combats. Il était aussi peintre et sculpteur. ![]()
Un autre poilu vichyssois a su inspirer l’hommage de ses contemporains : il s’agit du célèbre aviateur Eugène Gilbert (1889-1918). Grâce à Gallica nous apprenons par le « Petit Parisien » en date du 17 novembre 1915 l’origine de cette « plaquette » (médaille rectangulaire) : « Les Originaires du Plateau Central, fiers à juste titre, des exploits aériens accomplis par leur jeune compatriote, le sous-lieutenant-aviateur Gilbert, avaient décidé, au mois d’août dernier, de lui offrir une plaquette rappelant les luttes périlleuses engagées par leur courageux camarade contre les vilains oiseaux boches. »
Mais c’est seulement trois mois plus tard, à Zurich où il était retenu prisonnier, qu’ils purent lui remettre l’exemplaire qui lui était destiné : « D’un côté de la plaquette d’or massif, l’artiste, M. Rasumny, a évoqué la victoire du « Vengeur » de Gilbert sur un aviatik que l’on voit frappé à mort, tombant à travers les nues. C’est la reconstitution par l’image d’un des plus brillants exploits du jeune héros de l’air qui, sur neuf combats engagés contre les avions allemands, réussit à abattre quatre de ces derniers. Au revers, une inscription rappelle le nom des dirigeants de la fédération provinciale qui s’honore de compter parmi ses fils un des plus vaillants champions de l’arme nouvelle. »
Félix Ramsuny (1869-1940), sculpteur, graveur-médailleur et bijoutier russe naturalisé français, était sociétaire des Artistes français et se fit notamment remarqué dans le courant Art nouveau. L’exemplaire offert aux Fonds patrimoniaux est issu de la collection de médailles du Dr Jacques Lacarin, ancien maire de Vichy, qui reste à inventorier.
Voilà donc l’hommage à deux vichyssois célèbres dûment gravé dans le métal et inscrit dans les collections patrimoniales de la ville.
Fabienne
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Les Fonds patrimoniaux ont aussi leur (très modeste) « Cabinet des médailles » !
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Nouvelle acquisition des Fonds Patrimoniaux
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Une nouvelle correspondance a fait son entrée récemment dans le fonds Charles-Louis Philippe : il s’agit de dix-huit lettres envoyées à Suzanne Carassale par la famille Philippe, acquises lors de la vente aux enchères du 26 novembre 2015 chez Ader Nordmann à Paris.
Qui est Suzanne Carassale ?
Nous aimerions bien le savoir ! Cette femme semble pourtant avoir eu des liens très privilégiés avec Charles-Louis et sa mère Jeanne.
Charles-Louis et Suzanne devaient même être amis. En effet, l’écrivain lui envoie onze lettres entre 1904 et 1909 débutant par « Chère maman » et signant « votre fils ». Il lui donne de ses nouvelles, annonce sa venue prochaine tout en cherchant à se faire pardonner, comme un petit enfant, de ne pas assez être présent auprès d’elle.
On perçoit parfois une certaine lassitude comme lorsque Charles-Louis Philippe lui reproche la scène qu’elle lui a faite chez le tailleur, ce jour de décembre 1904. Mais on reconnaît aussi son humour quand il lui écrit, par exemple, le 12 juillet 1904 qu’il va bientôt venir la voir à Bizy dans l’Eure : « Retenez-moi le premier étage du château de Bizy. Je pourrai de la fenêtre me mirer dans l’étang. » En fait, Suzanne Carassale loge à l’Hôtel de l’Ardèche à quelques kilomètres du château !
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Jeanne, la mère de Charles-Louis semble également bien la connaître. Six lettres sont signées « Veuve Philippe ». Pourtant, une seule semble être de sa main, les autres étant rédigées par une tierce personne, dont une par Charles-Louis Philippe lui-même. On sent que les deux femmes sont assez proches et ont le souci commun de bien s’occuper de Charles-Louis. Jeanne la charge de lui donner des nouvelles de son fils. Il semble même que Madame Carassale doit lui fournir des détails que Charles-Louis répugne à lui communiquer. Une dernière lettre présente dans ce lot : celle de Francis Jourdain écrite à Suzanne en 1909.
Alors qui est cette Suzanne Carassale qui habitait rue Châteaudun à Paris ? Les chercheurs sont sur la brèche et nous aussi. N’hésitez pas à nous contacter si vous savez quelque chose !
Tous nos remerciements à David Roe, secrétaire général de l'Association "Les Amis de Charles-Louis Philippe", pour son précieux concours.
Martine
Le Fonds Etat-Français pour les plus jeunes
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Etat Français (1940-1944)
Non, le Fonds Etat-Français n’est pas fait que pour les grands ! Les plus jeunes aussi peuvent y trouver leur compte. En effet, la seconde guerre mondiale nous concernant tous, les éditions jeunesse ont trouvé leur place sur les rayons des Fonds Patrimoniaux. Encyclopédies, romans, biographies, témoignages : autant de documents éducatifs et faciles à lire.
Florilège !
Commençons par les éditions Oskar Jeunesse qui abordent régulièrement cette période pour un public à partir de 12 ans. En format poche, la collection « Histoire et société » nous propose un récit suivi d’un dossier illustré avec des photographies permettant d’aller plus loin dans ses connaissances.
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Venez découvrir les biographies de Jean Moulin, héros de la Résistance ou Germaine Tillion, ethnologue déportée à Ravensbrück. Dans un récit poignant recueilli par Philippe Barbeau Le dernier été des enfants à l'étoile : 1942, une rescapée se souvient, Annette Krajcer vous apprendra dans quelles conditions elle a été victime de la rafle du Vel’ d’Hiv avant d’être sauvée. De même, Alain Lochac’h vous fera partager l'aventure de Mathieu, élève-pilote de l’aviation française qui choisit, à 20 ans, de rejoindre l’Angleterre dans Les ailes de la liberté.
Continuons avec les Editions Gallimard jeunesse qui ne sont pas en reste. En témoigne le superbe Journal d’un lycéen sous l’occupation : ce livre appartient à Victor Rivière de Jean-Michel Dequeker-Fergondans, dans lequel un adolescent de 15 ans relate sa vie sous l'Occupation, exprimant ses doutes et ses peurs. En regard de son journal, des pages documentaires éclairent les différentes phases de la guerre, avec des reproductions de documents d'époque : l'Appel du 18 juin, des tickets de rationnement, un tract de la Résistance…

Mais les professeurs ne sont pas oubliés. Sont régulièrement achetées des encyclopédies utiles à l’enseignement. Ainsi, le très complet La seconde guerre mondiale : les faits, les lieux, les hommes par Isabelle Bournier, publié en partenariat avec le Mémorial de Caen. Cet ouvrage explique les causes politiques, économiques, idéologiques de ces années terribles. Par sa richesse iconographique, il en montre les différents visages sur tous les continents et analyse les conséquences en soulignant à quel point le monde qui est le nôtre a été façonné durant ces années de fer et de sang.
Canopé, éditeur dépendant du Ministère de l'Éducation nationale, a conçu quant à lui un numéro très intéressant dans sa série « Textes et documents pour la classe » : Le régime de Vichy. Ce document fait la synthèse sur le gouvernement de l’Etat-Français mené par le Maréchal Pétain, les persécutions antisémites, la collaboration…
Elèves, enseignants, n’hésitez pas à venir feuilleter ces ouvrages. D’autres vous attendent. En complément de documents originaux, ils permettent également aux bibliothécaires de proposer des ateliers « découverte » sur cette période en collaboration avec les professeurs.
Martine
Un Hammam à Vichy
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Pour ceux qui n’ont pu assister au dernier Atelier patrimoine,
l’histoire du Hammam vaporifère en bref.
À l’origine du Hammam, un instituteur
Armand Perrin est né en 1835 dans la Creuse. Il fait ses études à l’école normale d’instituteurs de Guéret et est nommé au collège de Montluçon, puis à celui de Cusset, de 1861 à 1871. Il y était visiblement très apprécié puisqu’à l’annonce de son départ, certains de ses anciens élèves firent paraître une lettre ouverte dans « La Semaine de Cusset et de Vichy » du 23 septembre 1871. À cette date, le conseil municipal de Vichy fit en effet appel à lui pour assurer la création de son école laïque. Cette école, baptisée École Carnot, fut d’abord ouverte boulevard de Russie, dans les anciennes écuries impériales, puis déménagée (en 1888) sur l’actuelle place de la mairie (école Sévigné-Lafaye actuelle). Fervent républicain, il fut ensuite élu conseiller municipal jusqu’à son décès. Le Théâtre des VariétésEn 1881, Armand Perrin rachète un ancien théâtre situé 3 rue Burnol, alors passage du Parc, à Jean Pouillien. Ce théâtre est le deuxième construit à Vichy, un an après le casino. Il est inauguré le 5 août 1866 : « Le théâtre Pouillien est une fort jolie salle toute fraîche et pleine de coquetterie qui s’est construite dans le passage du Parc. En y entrant, on est saisi par la fraîcheur de la décoration et d’une ornementation de bon goût. Il y a deux matins qu’elle est terminée ; terminée, je me trompe : la galerie est destinée à recevoir des loges qui sont à faire encore, et on a dû improviser beaucoup de choses pour arriver à ouvrir le théâtre dimanche dernier […] Mais le théâtre Pouillien n’a point la prétention d’être comparé au Casino, j’en suis sûr. Il est tout mignon, et pour le bâtir il n’a point fallu abattre de grands arbres, faire appel à de grands architectes et commettre de grandes erreurs. M. Batilliat a fait le plan, M. Plantade a peint les décors, et si le grand rideau est de lui, je lui en fais mon compliment. » (La Semaine de Cusset-Vichy, 11 août 1866). Si les premières saisons paraissent avoir connu un certain succès, l’exploitation en fut plus chaotique les années suivantes et il changea souvent de direction. Ouverture du hammam, le 11 juillet 1881
Les sources d’Hauterive
Ces nouvelles sources permettent à Anaïs Perrin d’enrichir l’offre de soins du Hammam de la rue Burnol avec des soins thermaux (douches et bains) qu’elle officialise en déclarant en mairie le titre de : « Hammam de Vichy Grand Établissement thermo-médical ». L’eau des sources d’Hauterive est transportée en bouteilles ou bonbonnes et stockée dans un bassin aménagé dans les combles de l’établissement. Nonobstant, si l’on en croit les annuaires de la ville, ce hammam ferma ses portes en 1925. Dans les années 1970, un cinéma s’installa à l’emplacement de l’ancien théâtre (il a fermé à son tour en 2004), tandis qu’une agence bancaire prenait place au n°7.
Un monument à la gloire d’Armand Perrin au cimetière de Vichy
Bibliographie :
- Le Hammam : grand établissement thermo-médical fondé sur des bases scientifiques... ses eaux minérales naturelles gazeuzes, bi-carbonnatées, ferrugineuses lithinées, arseniées, phosphatées, etc. et ses différentes autres ressources médicales : monographie suivie d'un guide pour les étrangers.-- Issoudun : Impr. A. Gaignault, [ca 1895].
- Notice sur Armand Perrin dans Les Bourbonnais célèbres et remarquables : arrondissement de Vichy par Maurice Sarazin, 2009
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La rentrée littéraire de janvier au Fonds local
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"Sortie de secours" de Cécile Girolami
Après des mois de petits boulots et de collaboration forcée avec Pôle emploi, Alix Novak signe un contrat pour ce qu'elle pense être un banal travail de secrétariat aux Assurances du Talion. Dès lors, sa vie prend une tournure que l'on ne souhaite à personne : se blessant, se coupant, se brûlant sans arrêt et surtout sans raison ! Avoir autant de malchance, ce n'est pas normal. Alix mène l'enquête et découvre qu'elle a signé en toute innocence un pacte pour le moins étrange et surtout très dangereux. Dès lors une seule question tient le lecteur en haleine : comment l'héroïne va-t-elle faire pour se libérer d'un contrat qui la lie, à la vie à la mort, à quelqu'un d'autre ?
Venez le découvrir aux Fonds Patrimoniaux ou profitez du passage de l'auteur à la librairie Carnot le 27 janvier prochain à 20 h. Vous pourrez poser vos questions à cette romancière pleine d'avenir.
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Martine
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