Nouveauté 2015 : toujours plus de visites commentées au Musée Valery Larbaud

phot. J. Mondière
Jusqu’à la fin du mois d’août, les Fonds Patrimoniaux proposent de nouveaux horaires de visites commentées de la bibliothèque personnelle de Valery Larbaud. Venez faire connaissance avec cet auteur vichyssois si discret et pourtant si talentueux qui a marqué l’histoire littéraire du début du XXe siècle, autant par son œuvre que par sa connaissance si fine de la littérature française et étrangère. 

Venez le découvrir par le prisme de sa somptueuse bibliothèque composée non seulement de 11.000 volumes replacés chacun dans son « domaine » littéraire (classique, français, espagnol, anglais, italien…), mais aussi d’une extraordinaire variété de livres, en éditions originales, souvent dédicacés, de manuscrits ou d’objets…. Vous y admirerez également une partie de son mobilier et des portraits de ses proches ou d’amis écrivains qui lui étaient chers. Les bibliothécaires vous conteront la vie et l'oeuvre de l'écrivain en s'appuyant sur la lecture d'extraits de nouvelles, de correspondances ou du journal de l'auteur de Fermina Marquez et A.O. Barnabooth... 

Rendez-vous les mardis, mercredis, vendredis et samedis à 14 h 30, au 2e étage de la Médiathèque. Gratuit - durée 1 heure. N’hésitez pas à en parler autour de vous.
Et toujours :
- Visite libre du Musée aux heures d’ouvertures des Fonds Patrimoniaux
- Projection à la demande du film de la série « Un siècle d’écrivains » consacré à Valery Larbaud par Olivier Barrot et François Chayé, avec la participation de Claude Rich et l’aimable autorisation de Pierre Bouteiller, producteur (durée 42 mn - gratuit).

Vendredi 24 avril : coup d’envoi des manifestations autour du Prix Valery Larbaud 2015

14h - Ouverture de l’exposition
"Dans les pas de Valery Larbaud à Vichy et dans d’autres stations thermales"

18h - Conférence par Julien Knebusch :
"Valery Larbaud : Maladies, pratiques de santé et ouverture au monde"




Valery Larbaud aura été, presque toute sa vie durant, un curiste, c'est-à-dire essentiellement un habitué des cures thermales et des villégiatures climatiques. En accord avec le thème de l’exposition, cette conférence abordera les rapports de Larbaud à la maladie et aux pratiques de santé et se propose d’étudier la façon dont ces rapports peuvent éclairer son ouverture au monde qui est marquée par une culture de l’ombre, de la fraîcheur et un besoin de « douceur de l’Europe ». 

Julien Knebusch est docteur en littérature française et assistant-docteur à l’Université de Fribourg, en Suisse, au département de médecine. Ses recherches portent sur les rapports entre la littérature et le monde (Poésie planétaire, Presses de la Sorbonne nouvelle, 2012) et prêtent une attention particulière aux sciences. Dans le cadre d’un projet de recherche soutenu par le Fonds national suisse de la recherche scientifique, il travaille sur la figure du poète-médecin aux 20è et 21è siècles (). Julien Knebusch est également membre de l’équipe de recherche « Poésie contemporaine » de l’UMR 7172 « Théorie et histoire des arts et des littératures de la modernité » de l’Université Paris III – Sorbonne nouvelle.

Les Ateliers du Patrimoine : session de rattrapage !

Faute de temps, de place ou de motivation à cause des frimas, vous n’avez pu assister aux premiers ateliers du patrimoine ? Devant le succès rencontré par ces rendez-vous, l’équipe des Fonds patrimoniaux vous réserve de nouvelles dates : chaque dernier samedi du mois, les bibliothécaires vous proposent de venir à la découverte des trésors que renferment les Fonds patrimoniaux. Selon l’humeur et les coups de cœur de chacune, seront (re)mises en lumière une collection, une technique, une personnalité, au gré des acquisitions, de la numérisation ou de l’informatisation. En attendant un nouveau programme à paraître à la rentrée prochaine...

Au menu de cet été : 

 • 30 mai 2015
« Travail – Famille – Patrie » : la propagande à travers les collections du Fonds État français

 • 27 juin 2015
Développement urbain de Vichy : les plans de ville du Fonds local, du XIXe siècle à 1939

• 25 juillet 2015
Charles-Louis Philippe : du fils de Sabotier de Cérilly au candidat au Prix Goncourt

• 29 août 2015
Une collection hors du commun : les 8 000 cartes postales de la collection Jacques Cousseau

• 19 septembre 2015
Savoir-faire de l’atelier de reliure de la Médiathèque Valery-Larbaud : un emboîtage, le bradel.

Les samedis à 15h30 aux Fonds patrimoniaux (2e étage) – Gratuit, durée 1 heure environ
Sur inscription : 04 70 58 42 60 – fonds.patrimoniaux@ville-vichy.fr

Charles-Louis Philippe - Episode 3 - Bubu de Montparnasse


Le 15 juillet 1898, Charles-Louis Philippe rencontre Maria Tixier, jeune fille de 20 ans. Jolie et féminine, elle le séduit aussitôt. Elle lui fait croire qu’elle est fleuriste alors qu’elle se prostitue. Charles-Louis Philippe se rend bien vite compte qu’elle lui raconte autant de mensonges que de vérités et qu’elle est incapable de l’aimer. Mais il s’attache à elle et l’accueille chez lui lorsqu’elle sort de l’hôpital où elle a été admise pour cause de syphilis. Bientôt, son amant et surtout son souteneur vient la récupérer sans que l’auteur cérillois ne puisse intervenir. Cette courte liaison va permettre à Charles-Louis Philippe de comprendre pourquoi des filles de la fin du 19e siècle n’avaient pas d’autres choix que de devenir prostituées lorsqu’elles tombaient dans une grande pauvreté.

Bien évidemment, il est révolté par cette condition inhumaine, par cette injustice et il veut la dénoncer publiquement dans un livre. Alors il fait des recherches sur la prostitution dans les cafés, dans les bordels. Il parle aux prostituées, aux macs, il lit des livres sur le sujet, visite des prisons, des hôpitaux… Ainsi naît « Bubu de Montparnasse (La Revue Blanche, 1901) : roman percutant pour lequel Charles-Louis Philippe sera pressenti pour le premier Prix Goncourt. Il a été de nombreuses fois réédité avec des illustrations d’artistes aussi différents que Jules Grandjouan, Chas Laborde ou Dunoyer de Segonzac.

Quant au manuscrit de « Bubu de Montparnasse », rédigé entre novembre 1899 et juin 1900, il a été acheté par la ville de Vichy en 1990.

Charles-Louis Philippe - Episode 2 - Enfance


Lorsque Jeanne Philippe met au monde son fils en 1874, elle ne se doute pas qu’elle lui sauvera deux fois la vie avant l’âge de 8 ans.

La première fois, Charles-Louis a 3 ans. En compagnie de son petit camarade, Auguste Gilbert, il s’aventure dans la cave d’une maison pour rejoindre la mère de ce dernier qui, pensent-ils, lave son linge dans un puisard. Mais il fait noir, le sol est glissant, Auguste tombe dans l’eau. Charles-Louis a plus de chance, il réussit à se raccrocher aux rebords d’une pierre et hurle si fort que sa mère l’entend et se rue dans la cave. Elle sauve son fils, mais il est trop tard pour Auguste qui est mort.

La deuxième fois, Charles-Louis a 7 ans. En septembre 1881, il ressent les premiers symptômes d’un mal qui va le torturer une année entière. Un mal de dent qui se révélera être une ostéite du maxillaire supérieur (forme de tuberculose des os). Les médecins sont impuissants. L’un d’eux applique sur la joue de l’enfant deux cautères qui vont lui ronger la chair causant deux trous dans sa joue. L’enfant souffre le martyr, ne s’alimente plus. Jeanne, avec tout son amour, va sauver son fils grâce au… chocolat. En effet, le petit Charles-Louis ne saura pas résister à l’odeur si appétissante de cette boisson qui va lui redonner des forces. Le mal guérira de lui-même au bout d’un an, laissant à jamais sa trace sur le visage de l’écrivain.

Charles-Louis Philippe dans "La mère et l’enfant" (Editions La Plume, 1900) rend hommage à cette mère si dévouée et si aimante et par la même à toutes les mères qui veillent et guident leurs enfants. Il faut lire ce livre plein de tendresse dont Valery Larbaud disait « C’est le livre unique au monde ».

Charles-Louis Philippe – Épisode 1

Le 4 août 1874 naît Charles-Louis Philippe à Cérilly (Allier). Ce fils de sabotier est l’un des rares enfants issus d’un milieu pauvre à devenir bachelier en 1891. Malheureusement, il échoue aux concours d’entrée à l’École polytechnique et à l’École Centrale et doit se contenter d’un emploi de fonctionnaire à la Ville de Paris où il mène une vie bien modeste dans l’île Saint-Louis. Il meurt à 35 ans et aujourd’hui, on ne parle plus guère de lui. 

 Et pourtant, Charles-Louis Philippe est un de nos plus grands romanciers et chroniqueurs français du début du 20e siècle. Son œuvre porte la trace de Cérilly, « la petite ville », vers laquelle il revient sans cesse notamment dans La Bonne Madeleine et la Pauvre Marie publié à compte d'auteur (Bibliothèque artistique et littéraire, 1898) ou dans Le Père Perdrix (Fasquelle, 1902). 

Mais il est également l’auteur de récits plus parisiens prouvant qu’il n’est pas qu’un romancier régionaliste. Ainsi Bubu de Montparnasse (la Revue Blanche, 1901), qui est « le roman des prostituées, des souteneurs, de la faim et de la syphilis », lui apportera une certaine renommée. On ignore souvent qu’il fut aussi chroniqueur dans de nombreuses revues comme l’Enclos, ou Le Canard Sauvage (à tendance anarchiste). Ses chroniques portent sur des faits divers, des existences que les passions, poussées à leur paroxysme, ont fait basculer dans le drame. 

 Venez découvrir ses manuscrits, ses photographies, ou encore sa correspondance lors de l’atelier qui lui sera consacré les vendredi 10 avril à 17 h et samedi 11 avril à 11 h.

Le Fonds Thermalisme s’expose à Bath


La tenue du dernier « Café de l’Europe » du programme européen Sources, à Bath (Angleterre), a été l’occasion de présenter aux membres d’EHTTA (European Historic Thermal Towns Association) le travail réalisé depuis bientôt trois ans au Centre international de Ressources sur le Patrimoine thermal. Ce centre, créé à partir des collections thermales de l’ancienne Bibliothèque des Sciences médicales, a pris place parmi les Fonds patrimoniaux de la Médiathèque Valery-Larbaud. Informatisation des livres des XIXe et XXe siècles ainsi que des ouvrages modernes envoyés par les stations partenaires, numérisation des affiches et estampes, sont en cours de réalisation. Mais les crédits européens alloués dans le cadre du programme Sources ont également permis la numérisation et le catalogage par un prestataire extérieur des 8 000 cartes postales de la collection Cousseau, l’acquisition de documents, l’édition d’un nouveau guide-éventail « Dans les pas de Valery Larbaud et de ses contemporains célèbres à Vichy », ainsi que la réalisation d’un Carnet de voyage sur Vichy par Jérémy Soheylian (à découvrir prochainement sur le blog).

Site Internet du programme Sources

Site Internet d'EHTTA