Charles-Louis Philippe - Episode 3 - Bubu de Montparnasse


Le 15 juillet 1898, Charles-Louis Philippe rencontre Maria Tixier, jeune fille de 20 ans. Jolie et féminine, elle le séduit aussitôt. Elle lui fait croire qu’elle est fleuriste alors qu’elle se prostitue. Charles-Louis Philippe se rend bien vite compte qu’elle lui raconte autant de mensonges que de vérités et qu’elle est incapable de l’aimer. Mais il s’attache à elle et l’accueille chez lui lorsqu’elle sort de l’hôpital où elle a été admise pour cause de syphilis. Bientôt, son amant et surtout son souteneur vient la récupérer sans que l’auteur cérillois ne puisse intervenir. Cette courte liaison va permettre à Charles-Louis Philippe de comprendre pourquoi des filles de la fin du 19e siècle n’avaient pas d’autres choix que de devenir prostituées lorsqu’elles tombaient dans une grande pauvreté.

Bien évidemment, il est révolté par cette condition inhumaine, par cette injustice et il veut la dénoncer publiquement dans un livre. Alors il fait des recherches sur la prostitution dans les cafés, dans les bordels. Il parle aux prostituées, aux macs, il lit des livres sur le sujet, visite des prisons, des hôpitaux… Ainsi naît « Bubu de Montparnasse (La Revue Blanche, 1901) : roman percutant pour lequel Charles-Louis Philippe sera pressenti pour le premier Prix Goncourt. Il a été de nombreuses fois réédité avec des illustrations d’artistes aussi différents que Jules Grandjouan, Chas Laborde ou Dunoyer de Segonzac.

Quant au manuscrit de « Bubu de Montparnasse », rédigé entre novembre 1899 et juin 1900, il a été acheté par la ville de Vichy en 1990.

Charles-Louis Philippe - Episode 2 - Enfance


Lorsque Jeanne Philippe met au monde son fils en 1874, elle ne se doute pas qu’elle lui sauvera deux fois la vie avant l’âge de 8 ans.

La première fois, Charles-Louis a 3 ans. En compagnie de son petit camarade, Auguste Gilbert, il s’aventure dans la cave d’une maison pour rejoindre la mère de ce dernier qui, pensent-ils, lave son linge dans un puisard. Mais il fait noir, le sol est glissant, Auguste tombe dans l’eau. Charles-Louis a plus de chance, il réussit à se raccrocher aux rebords d’une pierre et hurle si fort que sa mère l’entend et se rue dans la cave. Elle sauve son fils, mais il est trop tard pour Auguste qui est mort.

La deuxième fois, Charles-Louis a 7 ans. En septembre 1881, il ressent les premiers symptômes d’un mal qui va le torturer une année entière. Un mal de dent qui se révélera être une ostéite du maxillaire supérieur (forme de tuberculose des os). Les médecins sont impuissants. L’un d’eux applique sur la joue de l’enfant deux cautères qui vont lui ronger la chair causant deux trous dans sa joue. L’enfant souffre le martyr, ne s’alimente plus. Jeanne, avec tout son amour, va sauver son fils grâce au… chocolat. En effet, le petit Charles-Louis ne saura pas résister à l’odeur si appétissante de cette boisson qui va lui redonner des forces. Le mal guérira de lui-même au bout d’un an, laissant à jamais sa trace sur le visage de l’écrivain.

Charles-Louis Philippe dans "La mère et l’enfant" (Editions La Plume, 1900) rend hommage à cette mère si dévouée et si aimante et par la même à toutes les mères qui veillent et guident leurs enfants. Il faut lire ce livre plein de tendresse dont Valery Larbaud disait « C’est le livre unique au monde ».

Charles-Louis Philippe – Épisode 1

Le 4 août 1874 naît Charles-Louis Philippe à Cérilly (Allier). Ce fils de sabotier est l’un des rares enfants issus d’un milieu pauvre à devenir bachelier en 1891. Malheureusement, il échoue aux concours d’entrée à l’École polytechnique et à l’École Centrale et doit se contenter d’un emploi de fonctionnaire à la Ville de Paris où il mène une vie bien modeste dans l’île Saint-Louis. Il meurt à 35 ans et aujourd’hui, on ne parle plus guère de lui. 

 Et pourtant, Charles-Louis Philippe est un de nos plus grands romanciers et chroniqueurs français du début du 20e siècle. Son œuvre porte la trace de Cérilly, « la petite ville », vers laquelle il revient sans cesse notamment dans La Bonne Madeleine et la Pauvre Marie publié à compte d'auteur (Bibliothèque artistique et littéraire, 1898) ou dans Le Père Perdrix (Fasquelle, 1902). 

Mais il est également l’auteur de récits plus parisiens prouvant qu’il n’est pas qu’un romancier régionaliste. Ainsi Bubu de Montparnasse (la Revue Blanche, 1901), qui est « le roman des prostituées, des souteneurs, de la faim et de la syphilis », lui apportera une certaine renommée. On ignore souvent qu’il fut aussi chroniqueur dans de nombreuses revues comme l’Enclos, ou Le Canard Sauvage (à tendance anarchiste). Ses chroniques portent sur des faits divers, des existences que les passions, poussées à leur paroxysme, ont fait basculer dans le drame. 

 Venez découvrir ses manuscrits, ses photographies, ou encore sa correspondance lors de l’atelier qui lui sera consacré les vendredi 10 avril à 17 h et samedi 11 avril à 11 h.

Le Fonds Thermalisme s’expose à Bath


La tenue du dernier « Café de l’Europe » du programme européen Sources, à Bath (Angleterre), a été l’occasion de présenter aux membres d’EHTTA (European Historic Thermal Towns Association) le travail réalisé depuis bientôt trois ans au Centre international de Ressources sur le Patrimoine thermal. Ce centre, créé à partir des collections thermales de l’ancienne Bibliothèque des Sciences médicales, a pris place parmi les Fonds patrimoniaux de la Médiathèque Valery-Larbaud. Informatisation des livres des XIXe et XXe siècles ainsi que des ouvrages modernes envoyés par les stations partenaires, numérisation des affiches et estampes, sont en cours de réalisation. Mais les crédits européens alloués dans le cadre du programme Sources ont également permis la numérisation et le catalogage par un prestataire extérieur des 8 000 cartes postales de la collection Cousseau, l’acquisition de documents, l’édition d’un nouveau guide-éventail « Dans les pas de Valery Larbaud et de ses contemporains célèbres à Vichy », ainsi que la réalisation d’un Carnet de voyage sur Vichy par Jérémy Soheylian (à découvrir prochainement sur le blog).

Site Internet du programme Sources

Site Internet d'EHTTA

Vichy, 1925 : un plan sportif !



Le dernier Atelier du patrimoine a permis la redécouverte d’un plan de la ville de Vichy hors du commun. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, les hôtels réquisitionnés et transformés en hôpitaux militaires pendant le conflit, offrent de nouveau des prestations luxueuses adaptées à une clientèle internationale de plus en plus attirée par les activités sportives. La diversité et la qualité des aménagements de loisirs sont désormais mises en évidence sur les plans publiés dans les guides touristiques.  Max Mabyre, géographe à Vichy, souligne ainsi dans un plan en couleurs publié dans le Guide de l’Étranger de 1925, l’attrait touristique de l’hippodrome, du golf, du Sporting Club… au point que ceux-ci occupent la moitié du plan ! La représentation de ces équipements, ainsi que celle des canots automobiles, de la passerelle sur l’Allier, des parcs, des circuits pédestres ou des arènes semble annoncer l’orientation sportive de la station, qui l’emportera bientôt sur la vocation thermale. 

Le guide de l’Étranger de 1925 et le plan Mabyre sont consultables aux Fonds patrimoniaux.

Du bois en architecture


Auvents, balcons, bergeries, campaniles, chalets, chenils, kiosques, lambrequins, lavoirs, marquises, pigeonniers, poulaillers, treillages, vacheries, vérandas… la liste est longue des modèles indiqués par l’architecte Pierre Chabat (1827-1892) dans son ouvrage « Le bois pittoresque », édité vers 1890. Cet ancien élève de l’École des Beaux-Arts, architecte à la Compagnie de Chemins de fer du Midi fut aussi professeur et bibliothécaire de l’École spéciale d’Architecture.

L'album, composé de 50 pages de texte, illustrées de nombreuses figures de détails, et de 50 planches hors texte, est un excellent exemple des productions de l’édition parisienne spécialisée en architecture, dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Celle-ci visait à faciliter l’enseignement de cette discipline mais également à documenter les architectes en exercice, en leur fournissant des modèles.


Ce récent achat vient enrichir la Bibliothèque Percilly-Brière, consultable aux Fonds patrimoniaux, composée de nombreux ouvrages de ce type concernant le bois mais aussi la ferronnerie, la sculpture, la terre cuite ou le verre...                                                                                                                                                          

Voir la notice dans le catalogue de la Médiathèque

Des intrus dans des collections de bibliothèque ?

Qu’ils soient simples flâneurs ou lecteurs distraits de l’espace jeunesse, de nombreux visiteurs de la médiathèque sont depuis quelques années intrigués par la vitrine qui trône dans l’entrée des Fonds patrimoniaux et se décident par conséquent à en franchir le seuil. Celle-ci contient effectivement une collection de… verres ! Verres de cure (gradués) ou verre souvenirs (gravés d’un joli décor), en forme de tasse (avec anse) ou aplatis (pour tenir dans les poches), ils faisaient partie d’une collection offerte, en 2007, par la fille d’Yvonne Patoor, collectionneuse colmarienne.                                                                                                                  Le développement du Centre international de ressources sur le patrimoine thermal, dans le cadre du programme culturel européen Sources, a été l’occasion d’enrichir cette collection par l’acquisition de trois nouveaux verres de cures marqués Contrexéville, Vittel et Saint-Honoré-les-Bains. Ces verres sont actuellement visibles dans la vitrine des « pépites du blog ».


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