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C'est l'été, empruntons la voie des airs pour partir en voyage !


Du nouveau au rayon Etat Français et pas seulement pour les passionnés d'histoire: Histoire de l’aéronautique de Charles Dollfus et Henri Bouché – L’illustration, 1942...








La revue L’Illustration qui parût, de 1843 à 1944, marque très tôt sa curiosité pour l’aéronautique, puisque dès ses premiers numéros, des articles sur les « Machines volantes » sont publiés. Régulièrement, elle tient ses lecteurs informés des progrès de l’aviation et célèbre les aviateurs, pressentant également, dès l’aube des années 20, les possibilités de l’aviation commerciale. 

Ainsi, cet intérêt se traduit par la publication, entre 1924 et 1938, de nombreux numéros spéciaux où les noms d’Henri Bouché et Charles Dollfus apparaissent régulièrement.





Henri Bouché (qui a été élève de l’Ecole normale supérieure) entre dans l’aviation de guerre en 1915 et devient capitaine aviateur occupant jusqu’en 1918 des postes importants dans l’aviation d’observation et de reconnaissance. Collaborant régulièrement à la revue, c’est tout naturellement vers lui que les éditions de L’Illustration se tournent, en 1932, pour réaliser L’Histoire de l’aéronautique qu’il rédige en compagnie de Charles Dollfuss. 

Ce dernier s’est intéressé très tôt à l’aéronautique, effectuant sa première ascension en ballon en 1911 et décrochant son brevet de pilote de ballon, deux ans plus tard. Réformé en 1914, il se fait enrôler comme « engagé spécial bénévole » dans la marine où il sert comme moniteur de ballon. En 1918, il obtient son brevet de pilote de dirigeable. 

Ainsi, les deux hommes profitent de la richesse des archives de la revue, des collections publiques, ainsi que de leurs collections personnelles, pour constituer une œuvre de synthèse qui fera longtemps autorité par la richesse de sa documentation. 

Cinq chapitres forment ce livre :

1 - La période de l’aéronautique « sans moteur », qui est celle des ailes artificielles et des ballons 




2 - La période mécanique et expérimentale (1843-1900), dominée par l’apport de la vapeur 


3 - La période du moteur à explosion et des réalisations affectives (1900-1914) : dirigeabilité des ballons, vol soutenu des aéroplanes, premiers voyages aériens 



4 - La période de la guerre 1914-1918 



5 - La période d’emploi généralisé des années 30 





Ce superbe ouvrage est publié pour la première fois en 1932 par l’Illustration et sera réédité en 1938 , ainsi qu’en 1942 édition, récemment entrée dans les collections de la bibliothèque. 

Même sans être passionné par le sujet, on se délecte à feuilleter les pages et à découvrir, grâce aux superbes illustrations en couleurs, la magnifique aventure que fut l’invention de l’aéronautique.

Martine




Traitement informatique des livres anciens. C’est parti !



  Savez-vous qu’aux Fonds Patrimoniaux, dans un espace appelé « Réserve », est conservé un important fonds de livres anciens, rares et précieux allant du 15ème siècle à nos jours ? Sa valeur et son état nécessitent le plus grand soin et expliquent qu’on ne le montre pas tous les jours.

Mais parfois, une exposition fait bien les choses et permet même aux bibliothécaires, de redécouvrir leurs fonds !

C’est ce qui est arrivé, en mai dernier lors de la présentation d’« Histoire des trésors littéraires de la bibliothèque de Vichy» où ont été mis en avant quelques livres anciens provenant de la collection Camille Remlinger. Composée d’environ 140 ouvrages allant du 15ème au 18ème siècle, cette collection donnée à la médiathèque en 1968, se distingue surtout par la présence de trois incunables (ouvrages imprimés avant 1501).

Et cela nous a donné envie de mieux les connaître pour vous les faire découvrir. Après un petit réaménagement, nous en avons débuté le catalogage informatique, qui doit être, comment dire ? extrêmement précis.

Je vous propose d’ailleurs, pour le plaisir, de consulter la notice d’un ouvrage d’astrologie écrit par Claude Saumaise intitulé  De annis climactericis et antiqua astrologia diatribae .

On ne peut décemment pas traiter un livre datant de 1648 comme un livre de poche !

Quelques-uns de ces ouvrages sont exposés dans la vitrine "les pépites du blog", visible à l'espace Patrimoine de la Médiathèque (mardi, mercredi et vendredi 14-18h et samedi 10-17h)

Martine

Pierre Rivas : don d'un chercheur

Pierre Rivas a fait don récemment au Fonds Valery Larbaud d’une importante correspondance datant des années 1970 qu’il a entretenue avec différents prestigieux auteurs parmi lesquels Emmanuel Berl, Julio Cortazar, Michel Déon, Roger Grenier, Paul Morand, Pascal Pia, Victor Ramos ou Paulo Ronai. Tous essaient de répondre avec le plus de précisions possibles aux questions de leur interlocuteur.

En effet, Pierre Rivas est un universitaire spécialiste des littératures française, portugaise et brésilienne et a fait paraître à ce sujet de nombreuses études. Littérature française - Littératures lusophones : regards croisés est d’ailleurs l’une de ses dernières publications. Traducteur, il a également dirigé l’édition critique de la publication française de  Macounaïma ou le Héros sans aucun caractère de Mario de Andrade en 1996.


Cette correspondance témoigne de ses recherches effectuées dans ce domaine. Et si Pierre Rivas a souhaité faire ce don à la ville qui a vu naître Valery Larbaud, c’est que son chemin de chercheur a, un jour, croisé celui de l’écrivain qui s’était passionné sur le tard pour la littérature lusophone.

De l’élaboration de sa thèse en 1976 Les relations littéraires entre la France, le Portugal et le Brésil de 1880 à 1930 à aujourd'hui, Pierre Rivas n’a cessé de travailler sur Valery Larbaud, notamment en dirigeant le Cahier des Amis de Valery Larbaud en 2005 intitulé Dernière tentation de Valery Larbaud : le Brésil. 

Pierre Rivas fait un joli cadeau à la ville de Vichy en décidant de lui confier cette correspondance où l’on peut découvrir l’intérêt que tous ces écrivains portaient à ses travaux.

Martine

Les dessins originaux de Roger de La Boutresse désormais accessibles en ligne



La préparation d’une conférence donnée récemment à la Société d’Histoire et d’Archéologie de Vichy et des Environs a été l’occasion d’enrichir la galerie Flickr du patrimoine de la Médiathèque. Sébastien Hervier travaillait en effet depuis près d’un an sur l’histoire de Varennes-sur-Tèche, commune située entre Lapalisse, Jaligny et Le Donjon. Or cette commune compte parmi ses anciens maires l’historien Roger de La Boutresse (1860-1931) qui n’est autre que le co-auteur du fameux « Fiefs du Bourbonnais » publié entre 1896 et 1936 avec Genest-Émile Aubert de La Faige.




Château de Précord à Varennes-sur-Tèche - phot. S. Hervier



  
Le Château de Précord : dessin à la plume
par Roger de La Boutresse, vers 1890
Dans la préface de cet ouvrage, les auteurs en annoncent les visées : « En publiant les quelques notes que nous avons pu recueillir sur le passé des localités notables de nos environs, nous espérons intéresser ceux qui ont le culte des souvenirs, et aussi, sauver, au profit de plus érudits que nous, bien des documents, des vestiges et des traditions qui chaque jour, disparaissent, s’effritent et s’oublient. » Propos emprunts de modestie : les quelques notes forment en réalité deux copieux volumes. Le premier volume comporte en outre 220 gravures réalisées d’après les dessins à la plume de Roger de La Boutresse lui-même. Pour le second, préparé dès 1903, Roger de La Boutresse s’était adapté à l’évolution des techniques et avait semble-t-il réalisé de nombreuses photographies. Mais sa parution fut retardée par les maladies et décès des différents protagonistes, auteurs et éditeur, au point qu’il fallut se résoudre à une publication non illustrée. 

Montaiguet : dessin à la plume
par Roger de La Boutresse, vers 1890
Lors de ses séances de travail aux Fonds patrimoniaux, Sébastien Hervier a demandé à consulter les illustrations originales. Acquises chez un libraire vichyssois voilà plus de vingt ans, elles furent mises à sa disposition, occasion d’admirer le talent du dessinateur. Ressources iconographiques précieuses sur un patrimoine aujourd’hui parfois disparu, ces images témoins de leur temps sont également de véritables œuvres d’art dans lesquelles l’artiste a apporté grand soin au traitement des détails archéologiques, architecturaux mais aussi aux paysages et aux arbres.

Il fut donc décidé de faciliter l’accès à ces planches en procédant à leur numérisation puis à leur mise en ligne. Chacun de ces dessins a été décrit à l’unité dans le catalogue, avec une indexation qui permet une interrogation précise à la commune concernée. À noter que trois de ces illustrations sont finalement restées inédites. Parmi elles, « La chapelle de Melleray » aujourd’hui située sur la commune du Donjon, a pu être identifiée grâce à l’aide de Sébastien Hervier. Un grand merci à lui de nous avoir permis la mise en lumière de ce véritable artiste.


Chapelle de Melleray : dessin à la plume de Roger de La Boutresse, vers 1890 - inédit
 

L'ouvrage "Les Fiefs du Bourbonnais" est consultable sur Gallica :
Tome 1 : Lapalisse
Tome 2 : Moulins, rive droite de l'Allier

Mais aussi aux Fonds patrimoniaux en édition papier - voir les notices dans le catalogue de la Médiathèque :
Tome 1
Tome 2

Une véritable invitation à partir à la (re)découverte du patrimoine bourbonnais...

Pour en savoir plus, il faudra patienter jusqu'à la publication de l'article de Sébastien Hervier sur l'histoire de Varennes-sur-Tèche, dans le n° 167 du Bulletin de Société d'Histoire et d'Archéologie de Vichy et des Environs (fin 2016). Le Bulletin n°166 paraîtra mercredi 25 mai.

Fabienne

Les Fonds patrimoniaux ont aussi leur (très modeste) « Cabinet des médailles » !






De récents dons sont venus enrichir la petite collection de médailles des Fonds patrimoniaux. Parmi elles, la médaille commémorative bien connue, dessinée par André Gervais en hommage au graveur vichyssois Paul Devaux (1894-1949). Celle-ci a été offerte par Alain Devaux, petit-fils du graveur, à l’occasion du 30e anniversaire de la Médiathèque. Sur une face figure le profil de Paul Devaux, tandis que sur l’autre, André Gervais a reproduit le bois gravé du « Vieux moulin ». Cette médaille avait été éditée par souscription à 500 exemplaires par la Monnaie de Paris, vers 1950. 

André Gervais, de son véritable nom Stéphane Amédée Pannetier (1891-1962), né à Commentry, fut comme Paul Devaux mobilisé et blessé pendant la Grande guerre. Devenu journaliste il milita pour la paix et devint le meilleur ami du graveur. Il a laissé plusieurs ouvrages souvent emprunts du traumatisme subi lors des combats. Il était aussi peintre et sculpteur. 





Un autre poilu vichyssois a su inspirer l’hommage de ses contemporains : il s’agit du célèbre aviateur Eugène Gilbert (1889-1918). Grâce à Gallica nous apprenons par le « Petit Parisien » en date du 17 novembre 1915 l’origine de cette « plaquette » (médaille rectangulaire) : « Les Originaires du Plateau Central, fiers à juste titre, des exploits aériens accomplis par leur jeune compatriote, le sous-lieutenant-aviateur Gilbert, avaient décidé, au mois d’août dernier, de lui offrir une plaquette rappelant les luttes périlleuses engagées par leur courageux camarade contre les vilains oiseaux boches. » 

Mais c’est seulement trois mois plus tard, à Zurich où il était retenu prisonnier, qu’ils purent lui remettre l’exemplaire qui lui était destiné : « D’un côté de la plaquette d’or massif, l’artiste, M. Rasumny, a évoqué la victoire du « Vengeur » de Gilbert sur un aviatik que l’on voit frappé à mort, tombant à travers les nues. C’est la reconstitution par l’image d’un des plus brillants exploits du jeune héros de l’air qui, sur neuf combats engagés contre les avions allemands, réussit à abattre quatre de ces derniers. Au revers, une inscription rappelle le nom des dirigeants de la fédération provinciale qui s’honore de compter parmi ses fils un des plus vaillants champions de l’arme nouvelle. » 

Félix Ramsuny (1869-1940), sculpteur, graveur-médailleur et bijoutier russe naturalisé français, était sociétaire des Artistes français et se fit notamment remarqué dans le courant Art nouveau. L’exemplaire offert aux Fonds patrimoniaux est issu de la collection de médailles du Dr Jacques Lacarin, ancien maire de Vichy, qui reste à inventorier. 

Voilà donc l’hommage à deux vichyssois célèbres dûment gravé dans le métal et inscrit dans les collections patrimoniales de la ville.

Fabienne

Nouvelle acquisition des Fonds Patrimoniaux



Une nouvelle correspondance a fait son entrée récemment dans le fonds Charles-Louis Philippe : il s’agit de dix-huit lettres envoyées à Suzanne Carassale par la famille Philippe, acquises lors de la vente aux enchères du 26 novembre 2015 chez Ader Nordmann à Paris.

 Qui est Suzanne Carassale ?

Nous aimerions bien le savoir ! Cette femme semble pourtant avoir eu des liens très privilégiés avec Charles-Louis et sa mère Jeanne. Charles-Louis et Suzanne devaient même être amis. En effet, l’écrivain lui envoie onze lettres entre 1904 et 1909 débutant par « Chère maman » et signant « votre fils ».  Il lui donne de ses nouvelles, annonce sa venue prochaine tout en cherchant à se faire pardonner, comme un petit enfant, de ne pas assez être présent auprès d’elle.

On perçoit parfois une certaine lassitude comme lorsque Charles-Louis Philippe lui reproche la scène qu’elle lui a faite chez le tailleur, ce jour de décembre 1904. Mais on reconnaît aussi son humour quand il lui écrit, par exemple, le 12 juillet 1904 qu’il va bientôt venir la voir à Bizy dans l’Eure : « Retenez-moi le premier étage du château de Bizy. Je pourrai de la fenêtre me mirer dans l’étang. » En fait, Suzanne Carassale loge à l’Hôtel de l’Ardèche à quelques kilomètres du château !


Jeanne, la mère de Charles-Louis semble également bien la connaître. Six lettres sont signées « Veuve Philippe ». Pourtant, une seule semble être de sa main, les autres étant rédigées par une tierce personne, dont une par Charles-Louis Philippe lui-même. On sent que les deux femmes sont assez proches et ont le souci commun de bien s’occuper de Charles-Louis. Jeanne la charge de lui donner des nouvelles de son fils. Il semble même que Madame Carassale doit lui fournir des détails que Charles-Louis répugne à lui communiquer. Une dernière lettre présente dans ce lot : celle de Francis Jourdain écrite à Suzanne en 1909.

Alors qui est cette Suzanne Carassale qui habitait rue Châteaudun à Paris ? Les chercheurs sont sur la brèche et nous aussi. N’hésitez pas à nous contacter si vous savez quelque chose !

Tous nos remerciements à David Roe, secrétaire général de l'Association "Les Amis de Charles-Louis Philippe", pour son précieux concours.



Martine

Le Fonds Etat-Français pour les plus jeunes

Non, le Fonds Etat-Français n’est pas fait que pour les grands ! Les plus jeunes aussi peuvent y trouver leur compte. En effet, la seconde guerre mondiale nous concernant tous, les éditions jeunesse ont trouvé leur place sur les rayons des Fonds Patrimoniaux. Encyclopédies, romans, biographies, témoignages : autant de documents éducatifs et faciles à lire.

Florilège !

Commençons par les éditions Oskar Jeunesse qui abordent régulièrement cette période pour un public à partir de 12 ans. En format poche, la collection « Histoire et société » nous propose un récit suivi d’un dossier illustré avec des photographies permettant d’aller plus loin dans ses connaissances.


Venez découvrir les biographies de Jean Moulin, héros de la Résistance  ou Germaine Tillion, ethnologue déportée à Ravensbrück. Dans un récit poignant recueilli par Philippe Barbeau Le dernier été des enfants à l'étoile : 1942, une rescapée se souvient, Annette Krajcer vous apprendra dans quelles conditions elle a été victime de la rafle du Vel’ d’Hiv avant d’être sauvée. De même, Alain Lochac’h vous fera partager l'aventure de Mathieu, élève-pilote de l’aviation française qui choisit, à 20 ans, de rejoindre l’Angleterre dans  Les ailes de la liberté.


Continuons avec les Editions Gallimard jeunesse qui ne sont pas en reste. En témoigne le superbe  Journal d’un lycéen sous l’occupation : ce livre appartient à Victor Rivière de Jean-Michel Dequeker-Fergondans, dans lequel un adolescent de 15 ans relate sa vie sous l'Occupation, exprimant ses doutes et ses peurs. En regard de son journal, des pages documentaires éclairent les différentes phases de la guerre, avec des reproductions de documents d'époque : l'Appel du 18 juin, des tickets de rationnement, un tract de la Résistance…





Mais les professeurs ne sont pas oubliés.  Sont  régulièrement achetées des encyclopédies utiles à l’enseignement. Ainsi, le très complet  La seconde guerre mondiale : les faits, les lieux, les hommes  par Isabelle Bournier, publié en partenariat avec le Mémorial de Caen. Cet ouvrage explique les causes politiques, économiques, idéologiques de ces années terribles. Par sa richesse iconographique, il en montre les différents visages sur tous les continents et analyse les conséquences en soulignant à quel point le monde qui est le nôtre a été façonné durant ces années de fer et de sang.




Canopé, éditeur dépendant du Ministère de l'Éducation nationale,  a conçu quant à lui un numéro très intéressant dans sa série  « Textes et documents pour la classe » : Le régime de Vichy.  Ce document fait la synthèse sur le gouvernement de l’Etat-Français mené par le Maréchal Pétain, les persécutions antisémites, la collaboration…



Elèves, enseignants, n’hésitez pas à venir feuilleter ces ouvrages. D’autres vous attendent. En complément de documents originaux, ils permettent également aux bibliothécaires de proposer des ateliers « découverte » sur cette période en collaboration avec les professeurs.

Martine


Un Hammam à Vichy




Affiche publicitaire, vers 1890


Pour ceux qui n’ont pu assister au dernier Atelier patrimoine, 
l’histoire du Hammam vaporifère en bref.


À l’origine du Hammam, un instituteur 

Buste d'Armand Perrin
au cimetière de Vichy
(phot. F. Gelin)

Armand Perrin est né en 1835 dans la Creuse. Il fait ses études à l’école normale d’instituteurs de Guéret et est nommé au collège de Montluçon, puis à celui de Cusset, de 1861 à 1871. Il y était visiblement très apprécié puisqu’à l’annonce de son départ, certains de ses anciens élèves firent paraître une lettre ouverte dans « La Semaine de Cusset et de Vichy » du 23 septembre 1871. À cette date, le conseil municipal de Vichy fit en effet appel à lui pour assurer la création de son école laïque. Cette école, baptisée École Carnot, fut d’abord ouverte boulevard de Russie, dans les anciennes écuries impériales, puis déménagée (en 1888) sur l’actuelle place de la mairie (école Sévigné-Lafaye actuelle). Fervent républicain, il fut ensuite élu conseiller municipal jusqu’à son décès.

Le Théâtre des Variétés 


En 1881, Armand Perrin rachète un ancien théâtre situé 3 rue Burnol, alors passage du Parc, à Jean Pouillien. Ce théâtre est le deuxième construit à Vichy, un an après le casino. Il est inauguré le 5 août 1866 : « Le théâtre Pouillien est une fort jolie salle toute fraîche et pleine de coquetterie qui s’est construite dans le passage du Parc. En y entrant, on est saisi par la fraîcheur de la décoration et d’une ornementation de bon goût. Il y a deux matins qu’elle est terminée ; terminée, je me trompe : la galerie est destinée à recevoir des loges qui sont à faire encore, et on a dû improviser beaucoup de choses pour arriver à ouvrir le théâtre dimanche dernier […] Mais le théâtre Pouillien n’a point la prétention d’être comparé au Casino, j’en suis sûr. Il est tout mignon, et pour le bâtir il n’a point fallu abattre de grands arbres, faire appel à de grands architectes et commettre de grandes erreurs. M. Batilliat a fait le plan, M. Plantade a peint les décors, et si le grand rideau est de lui, je lui en fais mon compliment. » (La Semaine de Cusset-Vichy, 11 août 1866). Si les premières saisons paraissent avoir connu un certain succès, l’exploitation en fut plus chaotique les années suivantes et il changea souvent de direction. 

  

Ouverture du hammam, le 11 juillet 1881 


Façade sur la rue Burnol, extrait du guide édité vers 1895
Armand Perrin ouvre un établissement qui se veut complémentaire des soins thermaux, équipé des appareils vaporifères du Dr Lefebvre. Dès 1861, ce dernier avait mis au point des appareils de sudation qu’il présenta régulièrement à l’Académie de médecine. Ils étaient surtout utilisés dans les hôpitaux militaires. Les soins consistent en bains turcs et russes, bains de vapeur, bains électriques, inhalations, pulvérisations, massages… Il s’agit donc de soins complémentaires à la cure mais qui n’utilisent pas d’eau thermale. Antoinin Mallat (Histoire des eaux minérales de Vichy par Antonin Mallat, 1909. Livre 3, p. 574-577) détaille la répartition des salles : au sous-sol : bains turcs et bains russes, salle de douches-massages, déshabilloirs et grand salon de repos, ainsi que la salle des machines ; au rez-de-chaussée, inhalations d’oxygène, bains sulfureux, bains médicamenteux, bains d’air chaud en caisse, salle de gymnastique médicale, pastillerie et surtout un salon d’attente de 100 m2 et 12 m de haut, avec jet d’eau et plantes vivaces.

Piscine, extrait du guide édité vers 1895
Cet établissement, idéalement situé et des mieux équipés, rencontre immédiatement le succès. Il est agrandi durant l’hiver 1887-88, avec l’adjonction (à l’est) du n°5 de la rue Burnol. Au sous-sol est aménagée une piscine de 150 m2, alimentée à l’eau courante par une chute d’eau se brisant en cascade sur un rocher, alors qu’autour sont disposés cabines, chauffe-linge et buffet. 



Les sources d’Hauterive


Carte postale publicitaire, vers 1910
En 1893, Armand Perrin décide de forer des sources à Hauterive. Il s’adresse alors à l’architecte Antoine Percilly (1858-1928) pour l’aménagement d’un parc et la construction de plusieurs bâtiments sur ses terrains. L’architecte livre ses premiers projets en avril 1893 mais le commanditaire meurt en mai, laissant la direction de l’entreprise à sa veuve Anaïs Roux (1849-1920). L’année suivante, elle fait reconnaître officiellement la Source du Hammam n°1 qui deviendra source des As en 1922, puis la source du Hammam n°2 qui prendra le nom de Source des Eaux-Vives, toutes deux mises en valeur dans un parc à l’anglaise : « Les sources du Hammam jaillissent au milieu d’un vaste et magnifique parc situé à deux pas de la ville de Vichy, dans un des beaux sites de la région. Les constructions mauresques des bâtiments d’exploitation et des sources sont une véritable curiosité que tous les buveurs d’eau de passage à Vichy seront intéressés et satisfaits de visiter. C’est d’ailleurs une des plus charmantes promenades que l’on puisse faire soit à pied (20 minutes de marche), soit en voiture ou en bateau. » (Vichy : le Hammam, grand établissement thermo-médical, ca 1895). Les plans de Percilly prévoient une villa, un bâtiment pour l’embouteillage et l’emballage, un abri de source, une écurie remise et divers kiosques qui ponctuent le parc composé de pelouses, plates bandes fleuries, haies arbustives et potager, délimités par des allées sinueuses. Finalement, la villa ne semble pas avoir été édifiée et l'habitation fut aménagée en lieu et place de l'écurie-remise.


A. Percilly. Plan de la propriété de Mme Perrin à Hauterive :
détail - (Archives Percilly-Brière)
Ces nouvelles sources permettent à Anaïs Perrin d’enrichir l’offre de soins du Hammam de la rue Burnol avec des soins thermaux (douches et bains) qu’elle officialise en déclarant en mairie le titre de : « Hammam de Vichy Grand Établissement thermo-médical ». L’eau des sources d’Hauterive est transportée en bouteilles ou bonbonnes et stockée dans un bassin aménagé dans les combles de l’établissement. Nonobstant, si l’on en croit les annuaires de la ville, ce hammam ferma ses portes en 1925. Dans les années 1970, un cinéma s’installa à l’emplacement de l’ancien théâtre (il a fermé à son tour en 2004), tandis qu’une agence bancaire prenait place au n°7.


Carte postale, vers 1925
Du côté d’Hauterive, le chalet d'habitation a été rasé entre 1920 et 1925, au moment de la construction de la voie ferrée reliant Vichy à Clermont-Ferrand. La propriété a été rachetée en 1922 par la Société centrale puis en 1937 par la Société commerciale d’eaux minérales du bassin de Vichy mais l’exploitation des sources a été stoppée en 1942. Pendant la guerre, l’embouteillage abrita l’imprimerie nationale de la gendarmerie. Le 13 août 1944, deux résistants, Célestin Chino qui habitait sur place et Antoine Fullin, ont été fusillés dans le parc par la Gestapo, après avoir été contraints de creuser leur propre tombe. (voir l’enquête de Célestin dans « La Montagne », 16 juin 2013). Le bâtiment d’embouteillage qui tombait en ruine fut rasé en 1977.

Un monument à la gloire d’Armand Perrin au cimetière de Vichy


A. Fanzoni. Monument funéraire de
la famille Perrin (phot. F. Gelin)
À la mort d’Armand Perrin, Antoine Percilly dessina plusieurs projets de chapelle funéraire mais le tombeau prendra finalement la forme d’un monument à la gloire du « Fondateur de l’école Carnot et de l’établissement médical le Hammam de Vichy », probablement érigé à l’instigation d’un comité d’admirateurs. Un ange et une pleureuse encadrent le buste du défunt. L’ensemble est signé : « Fanzoni - Carrare », peut-être André Fanzoni, auteur d’une vierge à l’enfant en marbre de Carrare qui orne une chapelle latérale de l’église Notre-Dame des Tables à Montpellier… Fanzoni est le nom d’une véritable dynastie de sculpteurs carraresi. 





Bibliographie : 

 - Le Hammam : grand établissement thermo-médical fondé sur des bases scientifiques... ses eaux minérales naturelles gazeuzes, bi-carbonnatées, ferrugineuses lithinées, arseniées, phosphatées, etc. et ses différentes autres ressources médicales : monographie suivie d'un guide pour les étrangers.-- Issoudun : Impr. A. Gaignault, [ca 1895]. 

- Notice sur Armand Perrin dans Les Bourbonnais célèbres et remarquables : arrondissement de Vichy par Maurice Sarazin, 2009 

Qu'a écrit Roger Caillois ?


Roger Caillois est un intellectuel inclassable. Essayiste, sociologue, poète, critique littéraire, collectionneur, il se refusait lui-même à tout cloisonnement.

Son œuvre est riche, complexe et exigeante. Une part importante est faite au fantastique, aux sciences diagonales. Il explore entre autres les jeux, le rêve, la guerre.  Le Rocher de Sisyphe  (1946), L'Incertitude qui vient des rêves  (1956), Les jeux et les Hommes  (1957), Bellone ou la pente de la guerre  (1963), Au Cœur du fantastique  (1965), La Pieuvre : essai sur la logique de l’imaginaire  (1973), Le Fleuve Alphée  (1978)… en témoignent.

L’univers minéral le fascine également. Avec le concours du Muséum d’Histoire Naturelle, les éditions X. Barral ont eu la bonne idée d’éditer en 2014 : Roger Caillois la lecture des pierres .


Découvrez cet ouvrage qui nous dévoile au travers de magnifiques photographies inédites la superbe collection de pierres de l’auteur. Ces clichés accompagnent la réédition de ses célèbres textes descriptifs et méditatifs : Pierres (1966), L’Écriture des pierres (1970), et Agates paradoxales (NRF, 1977).

Mais commencez par écouter Roger Caillois faire l’éloge de ses minéraux.




Martine

La Direction régionale des Affaires culturelles et le Conseil régional d’Auvergne soutiennent l’acquisition de manuscrits de Valery Larbaud

La Ville de Vichy vient de se voir notifiée l’attribution d’une aide pour l’achat de trois manuscrits de Valery Larbaud dans le cadre du FRRAB (Fonds régional de restauration et d’acquisitions des bibliothèques). Décernée conjointement par la DRAC et par le Conseil régional, cette subvention vient soutenir l’effort fourni par la Ville de Vichy en matière d’acquisitions remarquables pour enrichir les collections patrimoniales de la médiathèque.




Les trois pièces ont été acquises  récemment à Paris. Chez un libraire spécialisé, la médiathèque a pu ainsi compléter la correspondance échangée entre Valery Larbaud et Ernest Raynaud (1864-1936), écrivain, poète et collaborateur de plusieurs revues littéraires. Douze lettres (dix reçues et deux envoyées par l’écrivain vichyssois) figuraient déjà au fonds Larbaud. Dans cette lettre de 1927, Valery Larbaud évoque notamment un travail en cours sur Paul Valéry. Les deux autres manuscrits ont été acquis lors d’une vente aux enchères chez Sotheby’s. Il s’agit d’une lettre à Eugène Montfort (1877-1936) de 1908, venant compléter les quatre lettres de Montfort déjà conservées dans le Fonds Larbaud et du manuscrit d’un poème dédié à Valery Larbaud par A.O. Barnabooth déjà présenté ici :

Les acquisitions patrimoniales ne se limitent toutefois pas au Fonds Valery-Larbaud. Des pièces remarquables ont également rejoint le Fonds local : une affiche ancienne illustrée (précédente chronique sur l'affiche du Hammam) et une estampe (précédente chronique sur l'estampe du XVIIe siècle) déjà évoquées ici mais aussi le Fonds Thermalisme : trois affiches anciennes illustrées et deux cent cinquante cartes postales anciennes qui feront sans doute l’objet de prochaines chroniques…