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Nouvelle acquisition des Fonds Patrimoniaux



Une nouvelle correspondance a fait son entrée récemment dans le fonds Charles-Louis Philippe : il s’agit de dix-huit lettres envoyées à Suzanne Carassale par la famille Philippe, acquises lors de la vente aux enchères du 26 novembre 2015 chez Ader Nordmann à Paris.

 Qui est Suzanne Carassale ?

Nous aimerions bien le savoir ! Cette femme semble pourtant avoir eu des liens très privilégiés avec Charles-Louis et sa mère Jeanne. Charles-Louis et Suzanne devaient même être amis. En effet, l’écrivain lui envoie onze lettres entre 1904 et 1909 débutant par « Chère maman » et signant « votre fils ».  Il lui donne de ses nouvelles, annonce sa venue prochaine tout en cherchant à se faire pardonner, comme un petit enfant, de ne pas assez être présent auprès d’elle.

On perçoit parfois une certaine lassitude comme lorsque Charles-Louis Philippe lui reproche la scène qu’elle lui a faite chez le tailleur, ce jour de décembre 1904. Mais on reconnaît aussi son humour quand il lui écrit, par exemple, le 12 juillet 1904 qu’il va bientôt venir la voir à Bizy dans l’Eure : « Retenez-moi le premier étage du château de Bizy. Je pourrai de la fenêtre me mirer dans l’étang. » En fait, Suzanne Carassale loge à l’Hôtel de l’Ardèche à quelques kilomètres du château !


Jeanne, la mère de Charles-Louis semble également bien la connaître. Six lettres sont signées « Veuve Philippe ». Pourtant, une seule semble être de sa main, les autres étant rédigées par une tierce personne, dont une par Charles-Louis Philippe lui-même. On sent que les deux femmes sont assez proches et ont le souci commun de bien s’occuper de Charles-Louis. Jeanne la charge de lui donner des nouvelles de son fils. Il semble même que Madame Carassale doit lui fournir des détails que Charles-Louis répugne à lui communiquer. Une dernière lettre présente dans ce lot : celle de Francis Jourdain écrite à Suzanne en 1909.

Alors qui est cette Suzanne Carassale qui habitait rue Châteaudun à Paris ? Les chercheurs sont sur la brèche et nous aussi. N’hésitez pas à nous contacter si vous savez quelque chose !

Tous nos remerciements à David Roe, secrétaire général de l'Association "Les Amis de Charles-Louis Philippe", pour son précieux concours.



Martine

Charles-Louis Philippe - Episode 7 - Ses demeures


La maison natale de Charles-Louis Philippe se trouve rue de la Croix-Blanche à Cérilly. La porte d’entrée s’ouvre sur une première pièce qui sert tout à la fois de cuisine, salle à manger et chambre à coucher. L’atelier de son père Charles Philippe sabotier, se situe dans le prolongement, dans une deuxième pièce, plus petite qui s’ouvre sur une cour exiguë, entourée de murs. Un escalier en bois assez raide monte à une petite mansarde et au grenier. Plus tard, ces deux pièces deviendront des chambres à coucher qui accueilleront Charles-Louis et sa sœur Jeanne-Louise.


L’écrivain y vivra jusqu’à son départ définitif à Paris fin 1895, mais reviendra régulièrement s’y réfugier lors de ses vacances estivales.
On peut aujourd'hui visiter cette maison devenue  le "Musée Charles-Louis Philippe".

A partir du 1er octobre 1896, Charles-Louis Philippe est employé à la Ville de Paris en tant que fonctionnaire. Il s’installe non loin de son travail dans une rue au nom prédestiné : 8, rue de Mauvais des Garçons, à l’Hôtel du Loiret. C’est dans une petite chambre au 5e étage, pourvue d’un mobilier sommaire qu’il écrira La bonne Marie et la Pauvre Madeleine. Il y situera également la dernière scène de Bubu de Montparnasse.

En juin 1899, l’auteur découvre l’île Saint-Louis qu’il ne quittera plus.


Il loge encore dans une petite chambre meublée au n°29 quai d’Anjou à l’Hôtel de la Paix et termine La Mère et l’enfant  ainsi que Bubu de Montparnasse et Le Père Perdrix.


En 1903, il emménage provisoirement quelques rues plus loin au n°5 dans un pied-à-terre que son ami Georges Rémond, journaliste à "L’Illustration" lui a prêté. Il s’agit cette fois d’un vrai appartement avec chambre, alcôve et une cuisinière minuscule. De sa fenêtre ouvrant sur le quai, il se plonge dans Marie Donadieu , roman inspiré par sa liaison avec une jolie femme.

L’année suivante, il est nommé inspecteur des étalages du 7e arrondissement. Le retour de son ami lui fait encore une fois changer de lieu. Il investit alors le Quai de Bourbon qui sera le témoin de ses amours avec Milie, une jeune lingère. Au n° 31, il est heureux car enfin chez lui dans un modeste logement du 6e étage.



Enfin, en 1907, il loue son dernier petit appartement au 3e étage du n°45 Quai de Bourbon. On y accède par un vieil escalier de bois avec des marches incrustées de briques rouges, devenues roses par l’usure. Deux pièces lui servent de bureau et de chambre. Entre les deux, une étroite cuisine percée d’une petite fenêtre meurtrière pour la surveillance du fleuve. Charles-Louis Philippe écrit alors Charles Blanchard .





Le 25 juillet à 15h 30, les Fonds Patrimoniaux redonnent l’atelier consacré à Charles-Louis Philippe. Venez découvrir ou redécouvir cet écrivain de grand talent, il reste encore des places.

Charles-Louis Philippe - Episode 6 - Le Chroniqueur


Dans ses fictions, Charles-Louis Philippe s’attache à décrire un climat social mais à travers ses chroniques rédigées pour les revues on se rend compte qu’il n’est pas non plus indifférent aux événements de son temps. S’il participe dès 1896 à la rédaction de la revue d’art social L’Enclos, c’est à partir de 1901 qu’il va donner la pleine mesure de son talent dans ses dix chroniques de « Faits divers » rédigées pour les revues L’Ermitage ou La Revue Blanche. Charles-Louis Philippe n’est pas chroniqueur judiciaire aussi s’accorde-t-il le droit de donner la parole aux criminels. Il s’applique à nous faire comprendre comment les pauvres, les malmenés de la vie, les marginaux devenus rebelles en sont arrivés à un point de non retour.



En 1903 est crée Le Canard Sauvage, hebdomadaire éphémère (mars-octobre 1903) anticlérical, antimilitariste et libertaire. Cette revue est apparue comme une des revues les plus anticonformistes ou les plus dérangeantes de l’époque. Le lecteur découvrait des articles écrits en toute liberté par des écrivains tels qu’Alfred Jarry, Tristan Bernard ou Franc-Nohain. Les plus grands illustrateurs, comme Théophile Steinlein, Adolphe Wilette, Auguste Roubille, Herman-Paul ou Félix Valloton, se serviront de leur talent pour moquer les puissants. Charles-Louis Philippe sera pratiquement de tous les numéros. Il y dénoncera notamment les compagnies de discipline militaires ou la peine de mort. La médiathèque conserve l’édition originale du Canard Sauvage, mais vous pouvez aussi découvrir les chroniques de l’écrivain dans des éditions beaucoup plus récentes.

Voir si l'ouvrage est disponible

Charles-Louis Philippe - Episode 5 - Hommage au père


  Après avoir fait paraître le Père Perdrix, Marie Donadieu et Croquignole, Charles-Louis Philippe entreprend en 1907 l’écriture de Charles Blanchard. Il veut écrire un livre sur son père, lui rendre l’hommage qu’il mérite. Il a mis de côté les remarques déplaisantes et ne veut plus voir en lui qu’une figure exemplaire de courage au travail et de droiture. Mais ce dernier est récalcitrant. « Mon père, écrit Charles-Louis Philippe, dit qu’il n’y a aucun livre à faire sur lui… C’est l’histoire d’un homme qui travaille. Il ne lui est rien arrivé d’extraordinaire. C’est l’histoire d’un homme qui ne fait que son devoir… Et puis il ne veut pas occuper le monde. »

  Le 2 avril 1907, Charles Philippe meurt à 67 ans. Sa femme et sa fille trouvent réconfort auprès de Charles-Louis. Ce dernier travaille sans relâche mais à l’automne 1909 renonce à son projet et range dans son tiroir les différentes versions de l’œuvre. Il meurt quelques mois plus tard la laissant à jamais inachevée. Il faudra toute l’obstination d’André Gide pour faire paraître à titre posthume ce livre nourri d’anecdotes que lui contait son père sur son enfance.

  La médiathèque a acquis en 1991 le superbe manuscrit de « Charles Blanchard » à la reliure maroquin orange signée Pierre Legrain. .


Charles-Louis Philippe - Episode 4 - Amitiés




« Je me demande si un autre homme a des amis comme j’en ai » s’étonne un jour Charles-Louis Philippe.

En effet, l’amitié a pour lui beaucoup d’importance. André Gide, Valery Larbaud, Léon-Paul Fargue, Henri Vandeputte, Emile Guillaumin et bien d’autres partageront sa courte vie à Vichy, Cérilly ou Paris.

Mais c’est surtout dans un petit village de Seine-et-Marne, Carnetin, près de Lagny-sur-Marne qu’il va connaître ses meilleurs moments d’amitié. Francis Jourdain, Charles Chanvin, Michel Yell et Marguerite Audoux sont les membres de ce groupe fraternel que l’on va nommer « La bande de Carnetin ». Ecrivains, poètes, peintres mais qui au début du 20e siècle ont bien du mal à joindre les deux bouts. A Carnetin, chacun se sent accepté, personne ne se soucie des différences d’éducation et de culture, de caractère et d’opinion. A Carnetin, on parle beaucoup et jusque tard dans la nuit. L’Art est au centre des préoccupations. On écrit, on peint, on refait le monde.


Cette carte postale envoyée par l’écrivain à sa mère témoigne d’une époque heureuse.

Francis Jourdain, dans son livre de souvenirs « Sans remords ni rancune » nous conte longuement les belles journées qu’ils passèrent ensemble. Il voyait Charles-Louis Philippe partir seul sur les chemins pour méditer, écrire ou corriger un manuscrit.

Charles-Louis Philippe - Episode 3 - Bubu de Montparnasse


Le 15 juillet 1898, Charles-Louis Philippe rencontre Maria Tixier, jeune fille de 20 ans. Jolie et féminine, elle le séduit aussitôt. Elle lui fait croire qu’elle est fleuriste alors qu’elle se prostitue. Charles-Louis Philippe se rend bien vite compte qu’elle lui raconte autant de mensonges que de vérités et qu’elle est incapable de l’aimer. Mais il s’attache à elle et l’accueille chez lui lorsqu’elle sort de l’hôpital où elle a été admise pour cause de syphilis. Bientôt, son amant et surtout son souteneur vient la récupérer sans que l’auteur cérillois ne puisse intervenir. Cette courte liaison va permettre à Charles-Louis Philippe de comprendre pourquoi des filles de la fin du 19e siècle n’avaient pas d’autres choix que de devenir prostituées lorsqu’elles tombaient dans une grande pauvreté.

Bien évidemment, il est révolté par cette condition inhumaine, par cette injustice et il veut la dénoncer publiquement dans un livre. Alors il fait des recherches sur la prostitution dans les cafés, dans les bordels. Il parle aux prostituées, aux macs, il lit des livres sur le sujet, visite des prisons, des hôpitaux… Ainsi naît « Bubu de Montparnasse (La Revue Blanche, 1901) : roman percutant pour lequel Charles-Louis Philippe sera pressenti pour le premier Prix Goncourt. Il a été de nombreuses fois réédité avec des illustrations d’artistes aussi différents que Jules Grandjouan, Chas Laborde ou Dunoyer de Segonzac.

Quant au manuscrit de « Bubu de Montparnasse », rédigé entre novembre 1899 et juin 1900, il a été acheté par la ville de Vichy en 1990.

Charles-Louis Philippe - Episode 2 - Enfance


Lorsque Jeanne Philippe met au monde son fils en 1874, elle ne se doute pas qu’elle lui sauvera deux fois la vie avant l’âge de 8 ans.

La première fois, Charles-Louis a 3 ans. En compagnie de son petit camarade, Auguste Gilbert, il s’aventure dans la cave d’une maison pour rejoindre la mère de ce dernier qui, pensent-ils, lave son linge dans un puisard. Mais il fait noir, le sol est glissant, Auguste tombe dans l’eau. Charles-Louis a plus de chance, il réussit à se raccrocher aux rebords d’une pierre et hurle si fort que sa mère l’entend et se rue dans la cave. Elle sauve son fils, mais il est trop tard pour Auguste qui est mort.

La deuxième fois, Charles-Louis a 7 ans. En septembre 1881, il ressent les premiers symptômes d’un mal qui va le torturer une année entière. Un mal de dent qui se révélera être une ostéite du maxillaire supérieur (forme de tuberculose des os). Les médecins sont impuissants. L’un d’eux applique sur la joue de l’enfant deux cautères qui vont lui ronger la chair causant deux trous dans sa joue. L’enfant souffre le martyr, ne s’alimente plus. Jeanne, avec tout son amour, va sauver son fils grâce au… chocolat. En effet, le petit Charles-Louis ne saura pas résister à l’odeur si appétissante de cette boisson qui va lui redonner des forces. Le mal guérira de lui-même au bout d’un an, laissant à jamais sa trace sur le visage de l’écrivain.

Charles-Louis Philippe dans "La mère et l’enfant" (Editions La Plume, 1900) rend hommage à cette mère si dévouée et si aimante et par la même à toutes les mères qui veillent et guident leurs enfants. Il faut lire ce livre plein de tendresse dont Valery Larbaud disait « C’est le livre unique au monde ».

Charles-Louis Philippe – Épisode 1

Le 4 août 1874 naît Charles-Louis Philippe à Cérilly (Allier). Ce fils de sabotier est l’un des rares enfants issus d’un milieu pauvre à devenir bachelier en 1891. Malheureusement, il échoue aux concours d’entrée à l’École polytechnique et à l’École Centrale et doit se contenter d’un emploi de fonctionnaire à la Ville de Paris où il mène une vie bien modeste dans l’île Saint-Louis. Il meurt à 35 ans et aujourd’hui, on ne parle plus guère de lui. 

 Et pourtant, Charles-Louis Philippe est un de nos plus grands romanciers et chroniqueurs français du début du 20e siècle. Son œuvre porte la trace de Cérilly, « la petite ville », vers laquelle il revient sans cesse notamment dans La Bonne Madeleine et la Pauvre Marie publié à compte d'auteur (Bibliothèque artistique et littéraire, 1898) ou dans Le Père Perdrix (Fasquelle, 1902). 

Mais il est également l’auteur de récits plus parisiens prouvant qu’il n’est pas qu’un romancier régionaliste. Ainsi Bubu de Montparnasse (la Revue Blanche, 1901), qui est « le roman des prostituées, des souteneurs, de la faim et de la syphilis », lui apportera une certaine renommée. On ignore souvent qu’il fut aussi chroniqueur dans de nombreuses revues comme l’Enclos, ou Le Canard Sauvage (à tendance anarchiste). Ses chroniques portent sur des faits divers, des existences que les passions, poussées à leur paroxysme, ont fait basculer dans le drame. 

 Venez découvrir ses manuscrits, ses photographies, ou encore sa correspondance lors de l’atelier qui lui sera consacré les vendredi 10 avril à 17 h et samedi 11 avril à 11 h.

CHARLES-LOUIS PHILIPPE


Historique :
Le Fonds Charles-Louis Philippe est entré à la Médiathèque de Vichy en 1971, par donation de ses ayants droit en mémoire de l’amitié qui unissait Valery Larbaud à l’écrivain de Cérilly.
Description :
Ce fonds comprend 31 manuscrits d'œuvres, dont ceux de Croquignole ou de Marie Donadieu, 486 lettres (correspondances avec André Gide, Maurice Barrès, Jules Romains, etc.), de nombreuses éditions originales, des documents iconographiques, en particulier des eaux-fortes inédites de Dunoyer de Ségonzac pour Bubu de Montparnasse. Ce fonds a été complété en 1991 par le manuscrit de «Charles Blanchard».